Gala's blog | La pression sociale autour du couple
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La pression sociale autour du couple

Le couple est un sujet de discussion qui revient souvent lors de mes interactions avec les autres. Qu’il s’agisse de mes amis ou de personnes que je connais depuis quelques minutes d’ailleurs. Pourquoi ? Tout simplement parce que le couple est central dans notre société. Dernièrement, j’ai eu de chouettes discussions autour de l’indépendance, de ce que l’on attend de notre conjoint et de ce que ça nous coûte.

J’ai envie de partager ces petites réflexions sans prétention avec vous. Peut-être que ça vous parlera aussi qui sait ?

Pour l’occasion, le talentueux Tom Chegaray nous a concocté une magnifique illustration ❤️

Illustration : Tom Chegaray

 

Le couple, au centre de nos vies

 

Qu’est-ce que la société peut être oppressante au sujet du couple ! Si tu n’as pas un mari et des enfants avant 30 ans, tu as loupé ta vie ! Et je n’ai pas l’impression de caricaturer quoique ce soit en disant cela. J’ai 28 ans et je vois le même schéma partout autour de moi : les couples se marient, deviennent propriétaires et font des enfants. J’ai d’ailleurs remarqué, chez les célibataires ou encore chez les ados, qu’être en couple est une finalité et un but en soi. Il semble que ce soit la réponse à tout et que ce soit un excellent moyen de parer à la solitude notamment. Vivre l’amour, il semblerait que ce soit le bonheur ultime.

On ne va pas cracher dans la soupe : oui le couple, ça permet de découvrir et vivre des choses merveilleuses. Mais il y a tout de même un revers, ça nous fait aussi passer à côté d’autres expériences, qui sont au moins aussi importantes. Parce que c’est bien beau d’aimer l’autre, sauf que si l’on s’oublie dans l’équation, ça finira forcément par imploser à un moment ou à un autre.

Si l’amour pour l’autre est l’une des plus belles choses à vivre dans ce bas monde, il y a quelque chose que l’on oublie de cultiver et qui nous manque cruellement : l’amour de soi ! C’est particulièrement le cas lorsque l’on rencontre son conjoint à la sortie de l’adolescence. On grandit ensemble et on se construit ensemble. Parfois, on a même la chance d’évoluer dans le même sens. On se connait par coeur, on a les mêmes centres d’intérêt, les mêmes envies aux mêmes moments … Selon moi, ça ne vient pas du fait que l’on soit fait l’un pour l’autre, non, de façon plus pragmatique, j’estime que l’on agit plus par mimétisme qu’autre chose. Le revers de ce couple « fusionnel » ? C’est que l’on y perd un peu (voire beaucoup) de son identité propre. On y perd son indépendance. On devient l’ombre de l’autre. On n’existe plus sans lui. Et l’amour peut même parfois aller jusqu’à se transformer en dépendance affective. Ce n’est plus ça l’amour, le vrai. L’autre n’est alors plus là que pour combler des vides que l’on a en soi. C’est important d’être avant tout en accord avec soi-même pour l’être avec quelqu’un d’autre. On ne peut pas être heureux et épanoui en couple si l’on n’est pas déjà bien avec soi. 

S’il y a bien quelque chose de vital dans un couple, c’est de ne pas exister qu’à travers celui-ci. Avoir sa vie à soi, son petit jardin secret d’un côté et sa vie de couple de l’autre. Savoir penser à soi avant de penser à deux. Parce que quoiqu’il arrive, la personne à qui on devra toujours faire face, c’est soi-même. Le schéma actuel de notre société nous apprend à nous oublier dans notre couple. Pourtant, un couple est fait de deux entités, ce n’est pas une fatalité de devoir perdre une partie de soi lorsque l’on se met en ménage, bien au contraire.

Un couple ce n’est pas « ne plus faire qu’un », c’est deux personnes qui se nourrissent mutuellement d’amour et d’expériences.

 

Le couple : et si on en demandait trop à son conjoint ?

 

Je tiens à préciser qu’il s’agit ici de constats que j’ai pu faire suite à de nombreuses discussions, il n’est en aucun cas question de juger la vie et les choix de qui que ce soit mais de poser des questions, ni plus ni moins.

Que l’on soit un homme, une femme, en relation hétéro ou homo … Peu importe, le schéma du couple est plus ou moins toujours le même, il est très normé. Bien souvent, on est dans une relation exclusive où la confiance doit régner. D’ailleurs, la base d’un couple, c’est la confiance. La confiance en l’autre, bien entendu. Parce que dans un couple, c’est toujours l’autre. Pourtant, c’est en soi que l’on devrait avoir confiance avant toute chose. Plus on se fait confiance et plus on a d’estime de soi, moins on est enclin à se sentir en insécurité, moins on a peur d’être délaissé et ça règle pas mal de problèmes liés au couple, notamment la jalousie (et quel sentiment destructeur …). Je trouve que l’on se trompe de cible lorsque l’on part du principe que l’on doit faire confiance à l’autre. Parce qu’on s’en remet totalement à lui et finalement, est-ce si normal qu’il y parait ?

Quand on y regarde de plus près, on constate qu’on en demande beaucoup à notre conjoint. Il doit être multi-tâche, on l’idéalise parce qu’on attend de l’autre qu’il ou elle soit la perfection absolue : notre confident.e, notre amant.e (et un.e bon.ne !), notre meilleur.e ami.e, notre pilier, qu’il ou elle soit toujours présent.e, quoiqu’il arrive, qu’il ou elle soit d’une fidélité sans faille, qu’il ou elle nous voue un amour inconditionnel, qu’il ou elle soit un parent attentionné et présent … On fait reposer sur ses épaules une responsabilité inouïe et des attentes impossibles à atteindre. Et le pire, c’est que c’est perçu comme un du. Comme si l’autre se devait d’être parfaitement comme on attend qu’il soit. Ca revient très souvent dans les discussions de couples : « il / elle n’est pas assez comme ci ou comme ça » … J’ai réalisé qu’on ne pouvait pas en permanence demander à l’autre qu’il corresponde à NOS attentes. Comme on ne pourra jamais répondre à toutes les attentes de notre conjoint. Parce que c’est trop, parce que c’est un peu égoïste (j’ai dit un peu, ne me tapez pas dessus 😉), parce que ce qui peut nous sembler « normal » n’est en réalité que le reflet de nos propres envies et besoins.

Il faut alors apprendre à lâcher prise. Il faut apprendre à se regarder soi avant de regarder l’autre. Et accepter que l’autre puisse ne pas nous apporter certaines choses. Il faut apprendre à se les apporter soi-même. Et c’est encore plus gratifiant.

Cela étant dit, parfois ça ne matche pas, tout simplement. Parfois on n’est juste pas « compatibles ». Parfois les différences sont trop flagrantes. Parfois le partage ne se fait pas. Parfois les sentiments ne sont pas là. Parfois, on a beau essayer du plus fort que l’on peut, ça ne fonctionne pas.

 

Le couple, une fin en soi ?

 

Et si on changeait notre façon de voir le couple pour que ce ne soit plus forcément le but de notre vie ? On peut s’épanouir en dehors du couple, en étant simplement soi et non plus une « moitié », une partie d’un tout. J’ai l’intime conviction que c’est ce qu’il y a de plus sain à faire : ça permet d’être plus solide, d’être en accord avec soi-même, de booster son estime de soi et donc, au final et cela peut apparaître comme une contradiction, d’être totalement disponible pour son couple. Et le plus important, selon moi, c’est de ne plus voir son conjoint comme quelqu’un qui a des comptes à nous rendre et inversement. Ce n’est pas facile de changer un schéma aussi ancré mais c’est faisable !

Le but n’est évidemment pas de devenir un monstre d’égoïsme, le tout est de trouver un juste milieu, son propre équilibre !

Et si on ne se sent pas à l’aise en couple, est-ce que c’est grave ? Non, non, mille fois non. Le « célibat » n’est pas une maladie, loin de là. On peut être bien plus épanoui en étant célibataire (si tant est qu’on ne le subit pas, ça s’apprend !) que dans une relation de couple qui ne nous convient pas. Il faut simplement se poser les bonnes questions et créer ses propres règles du jeu : célibat, couple exclusif, libertin, sex friends … Il n’y a pas qu’une façon de faire pour être heureux !

 

Et vous, le couple, vous le vivez comment ?

 

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11 Comments
  • MURIEL c

    31 octobre 2018 at 20 h 15 min Répondre

    bonjour

    On a qu’une vie donc chacun la mène comme il veut, célibataire, en couple, avec ou sans enfants ! Peu importe !
    L’important est d’être en accord avec soi même et ses envies,

    Mais il est vrai que ma génération (48 ans) était un peu formatée ; une famille, un travail sécure !
    On en parle souvent entre quadra ! On nous a tellement bassiné avec la sécurité etc qu’on n’ose pas quitté un emploi ou peut être même un mari qui ne nous convient plus ! La peur de l’inconnu

    Tu as donc tout à fait raison ! Après je ne sais pas si on est heureux toute sa vie seule ! Vu que je vis depuis 27 ans avec le même homme mdr avec des hauts et des bas bien sur !
    Je ne suis pas pour le couple fusionnel, passionnel, il faut garder chacun son territoire et notre jardin secret comme tu dis
    Nous on est très différent, on fait des choses ensemble, mais aussi séparés, il faut les 2 et ne pas tomber dans l’extrême non plus à mon avis.
    C’est aussi dans les moments difficiles qu’on voit la solidité du couple ! Pour ma part, on a bien été mis à l’épreuve dont notamment ma dernière maladie (que tu connais si tu as suivi mon blog) et heureusement que pour le coup je n’étais pas seule !

    voilà mon avis qui n’engage que moi

    Mais vraiment le principal c’est d’être heureux tout court !

  • Nathalie

    1 novembre 2018 at 10 h 34 min Répondre

    Bonjour Gala,
    Merci pour cet article, si on pouvait nous apprendre ça à l’école…!
    Je me retrouve complètement dans tes propos, j’ai 31 ans, je suis en couple depuis 7 ans, mais je ne suis ni mariée, ni propriétaire, ni maman 🙂 On l’assume très bien, mais on a le droit à des réflexions de la mère de mon conjoint de temps en temps qui veulent dire : « les autres avançent et pas vous ». Ca va jusqu’au fait qu’on a osé ne pas acheter une voiture familiale il y a quelques semaines quand on a changé 😱😒 Ce serait vraiment horrible pour elle que son fils n’ait pas d’enfant.. Comment rester calme devant ces personnes, quelquefois c’est vraiment lassant 😔
    Concernant le célibat, je valide à 100% : on peut être très heureux « seul-e », pourquoi les gens en ont-ils si peur ?
    Que les autres nous laissent vivre en dehors du moule 😉

    • LittleNastyGirl

      2 novembre 2018 at 2 h 18 min Répondre

      « Que les autres nous laissent vivre en dehors du moule », cette phrase qui résume tout 👏

  • Coraline Hgn

    1 novembre 2018 at 10 h 51 min Répondre

    Ton article tombe à pique pour moi! Ça fait quatre ans que je suis en couple et c’est vers nos trois ans que j’ai enfin décidé de me recentrer avec moi même, de m’ecouter, et de prendre soin de moi en tout terme. Et depuis on a trouvé un équilibre de couple ou chacun s’épanouie. Pourquoi suivre tout les clichés s’ils ne nous correspondent pas? Et dieu sait combien de nos amis ne comprennent pas notre relation. Mais ça on passe au dessus maintenant. 🙂

  • Clémentine

    1 novembre 2018 at 10 h 53 min Répondre

    J’aime beaucoup ta façon de voir les choses – j’aime toujours tes articles de fond comme ça, soit je suis d’accord avec toi, et je re-réfléchis à ce que j’en pense, soit je ne suis pas totalement d’accord avec toi et ça me fait réfléchir, remettre en question. Bref, merci de prendre le temps d’écrire ces articles avec ton point de vue sur ces sujets 🙂

    Cette fois, je suis d’accord avec toi ! On a mis bien du temps à s’en rendre compte avec mon Amoureux. Et depuis qu’on a chacun notre vie, et qu’on s’est donné le droit d’avoir nos propres activités, chacun de notre côté, on est tellement plus heureux ensemble. Ça parait con (pardon !) dit comme ça. Genre, évident. Plus t’es épanouie seule, plus t’arrive vers l’autre heureuse, plus le couple sera heureux.
    Des fois, on me demande « Ben, ton chéri, il fait pas tel truc avec toi ? » Ben non… et pis c’est pas grave. Et au delà de la notion de couple fusionnel, il y a aussi un côté féministe presque à tout cela. Oui, j’ai le droit d’avoir des activités sans mon chéri, toute seule, comme une grande. Même si c’est des trucs plutôt « de mecs ». J’ai l’impression que dans l’autre sens, ça choque moins, un gars qui fait des choses tout seul. Je ne sais pas si tu as déjà eu cette impression ?

  • Emilie

    1 novembre 2018 at 12 h 33 min Répondre

    Je suis d’accord Ave ça toi sur Le fait qu’il faut s’aimer soit même avant de pouvoir aimer un être personne .
    J’ai 28 ans c’est vrai que la plupart de me proches ont quelqu’un depuis un moment , des projets mariage bébés maison alors que moi j’en viens tout juste de me mettre en couple et je j’aile projet de devenir propriétaire maison toute seule ( c’est vraiment’ tres important pour moi).
    Etre en couple pour moi c’est etre là pour l’autre du mieux que l’on peut , c’est du partage mais aussi respecter l’autre , son jardin secret et ses envies d’independances parfois ). C’est finalement trouver un juste milieu.
    Et pourquoi la jalousie moi je vois les chose suis comme ca : j’en n’appartient à personne été personne ne m’appartient .
    Apres si la personne décide d’aller voir ailleurs bien sûr ca fera mal mais de toute façon avoir été jalousent n’y aurai rien changé et ce sera a moi de décider si je pardonne ou non. Mais personne n’appartient à personne !!

  • Maël

    1 novembre 2018 at 12 h 51 min Répondre

    Hello,

    Juste un petit merci à toi pour cet article, qui est un plaisir à lire et selon moi extrêmement juste.
    Ca fait du bien 🙂

  • Claire T

    1 novembre 2018 at 17 h 25 min Répondre

    Je suis bien d’accord avec toi, même si ce n’est pas toujours évident de se dé-formater et de ne plus demander à l’autre de nous rendre des comptes.. si tu as des petites astuces concernant cela, je suis preneuse 😉

  • Maë

    2 novembre 2018 at 23 h 11 min Répondre

    Merci pour ton article.
    J’ai 29 ans toujours pas en couple et je n’en ressent pas le besoin pour vivre sereinement pour le moment. Mais mon entourage généralement ne comprends pas forcément et ne manque pas pas de glisser un : et alors toi toujours pas trouvé quelqu’un ? Comme ci le seul but d’une vie était de se mettre en couple. Ton article permet de conforter ce que je ressent actuellement: penser à moi et ce que je ressent avant de partager la vie avec quelqu’un.Ça viendra quand je serais préte. Je n’en doute pas dessus mais pour l’instant je suis bien avec moi même.

  • Inca13

    8 novembre 2018 at 12 h 13 min Répondre

    Bonjour Gala.

    Merci pour cet article très éclairant. Le principe que je me donne c’est d’être à l’aise avec moi-même pour l’être avec l’autre et de ne pas vivre sa vie de couple (son célibat pour d’autres) comme une prison imposée mais plus comme un acte voulu et assumé.

    Bises.

  • aurélie

    8 novembre 2018 at 13 h 01 min Répondre

    ton article fait parlé car on se sent tous concerné par ce que tu évoques et personne n’en parle vraiment donc ça fait du bien (sauf entre copines bien-sûr). J’ai 37 ans et j’ai connu toutes les situations, 1 divorce très jeune, le célibat pendant 3 ans et un nouveau couple que j’ai formé à 28 ans, ton âge. ce que je peux en dire, c’est que oui la pression sociale est bien là et reste tout le temps. je m’explique : je suis mariée, propriétaire et j’ai un enfant et bien combien de fois ai-je entendu ? pourquoi 1 seul enfant ? tu vas le regretter… et cela dit par des collègues, connaissances, etc qui se permettent de juger sans savoir… à 28 ans j’ai eu le désir de reformer un couple car j’avais très envie d’avoir un enfant. Ensuite, je pense que bcp de personnes ayant des enfants en bas âge te diront que c’est important de le vivre en couple, déjà c’est plus facile car élever un enfant seul qd on sait ce que c’est, c’est très dur et pour l’équilibre aussi de l’enfant. Je ne vais pas te mentir, il est très facile de s’oublier encore plus en étant mère que juste en couple. et les 3 premières années de ma fille ont été ainsi pour moi avant que je ne me ressaisisse. Aujourd’hui, je fais du sport seule, je prend plaisir à prendre soin de moi, je fais des sorties copines très régulièrement et je me sens épanouie à la fois dans ma vie de mère et de couple (même si c’est pas simple tous les jours…). Cela dit, si un jour je dois me retourner seule, je ne referai pas ma vie, c’est sûr! je suis parfaitement certaine d’être très heureuse et épanouie seule. pour résumer, je suis en grande partie d’accord avec toi, la solitude ne fait pas peur quand on réussi à « s’affronter soi-même » et un couple est plus sain si les 2 personnes sont ainsi. Quant à la pression sociale, je ne pense pas qu’elle change avant de nombreuses années et c’est bien dommage!!

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