Gala's blog | Le féminisme pro-sexe, ou comment j’ai changé d’avis sur le porno
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Le féminisme pro-sexe, ou comment j’ai changé d’avis sur le porno

Depuis que je m’intéresse au féminisme, j’apprends beaucoup de choses sur l’univers du porno, les deux étant intimement liés. J’ai toujours eu un avis très tranché sur le porno : c’est sale et c’est dégradant. J’ai toujours émis un jugement sur l’univers du sexe « montré » (et encore + celui du sexe tarifé !) très négatif.

Pourtant depuis peu, mon avis a changé : le porno peut avoir du bon. Il fait partie du quotidien de beauuuuucoup d’entre nous et il est donc important de s’intéresser au sujet plutôt que de le rejeter en bloc.

C’est le livre Porno Manifesto d’Ovidie, une auteure et ancienne actrice du milieu pornographique, qui m’a ouvert les yeux et qui m’a légèrement décoincée sur le sujet. Elle a écrit cet ouvrage pour nous en apprendre plus sur le milieu du X et sur la façon dont on appréhende cet univers particulier.

 

Le Porno, c’est sale !

 

Il y a un peu plus d’un an, j’ai regardé le documentaire « Hot Girls Wanted » sur Netflix et j’ai été horrifiée. Les filles devaient réaliser des gorges profondes jusqu’à en vomir pour être « baptisées » (les demandes de ce type de pratiques sont de + en + intenses chez les américains). J’avais déjà une mauvaise image du porno, ce documentaire n’a fait qu’intensifier mon avis négatif sur ce milieu sale et dégradant. Sans mauvais jeu de mot, il faut toujours aller plus loin … Et ça me laisse sans voix.

Lorsqu’on est une femme, on ne consomme pas forcément de porno, du moins, en moindre quantité que les hommes. Et c’est normal ! Les pornos sont bien souvent tournés par et pour des hommes et n’ont rien de très attirant pour les femmes. Pour ma part, à part les pubs sur les sites de téléchargement, le monde du porno m’était inconnu … Au départ, je n’aimais pas le porno, par « pudeur » et par « convention », pas réellement par conviction. Je ne savais pas de quoi je parlais, pas de quoi il s’agissait. Après ce reportage, c’est plutôt devenu une éthique. J’ai donc voulu en savoir plus et je me suis renseignée auprès de mes amis. Est-ce que ça les fait vraiment bander de voir ce genre de choses ? Non, généralement, leur consommation de pornos tourne plutôt autour des films amateurs, de couples et surtout, de personnes comme vous et moi, qui font l’amour « normalement », avec un peu moins de domination, de maltraitance et de deep-throat-vomi (sérieux 😱) !

Mais pourtant, ces films existent bel et bien, la demande est là. Il y a bien des mecs qui regardent ça et qui kiffent réellement voir des filles vomir tellement elles s’en prennent une grosse. Je n’émets aucun jugement puisque je trouve que ce type de film n’a rien à envier aux films d’horreurs. Il n’est pas plus gênant pour moi de regarder un porno hardcore qu’un Saw. Mais il n’empêche, je ne peux m’empêcher de me demander pourquoi la domination masculine est si omniprésente, que les pornos soient hardcore ou non.

 

La domination masculine : l’image de la femme dans les pornos

 

J’ai changé d’avis sur le porno en lisant le livre Porno Manifesto d’Ovidie. Dedans, elle y inscrit une réflexion très juste : le fait que l’on plaigne toujours la femme et non l’homme dans les pornos. C’est la femme que l’on essaie de protéger. C’est la femme qui est « pénétrée », c’est donc elle qui est salie et souillée. Dans le discours traditionnel, l’homme lui, n’est jamais mis à mal. Cela me fait donc réfléchir à plusieurs choses. Depuis quand être pénétrée, c’est sale ? Factuellement, je trouve que cela donne une mauvaise image du sexe en général, que la pénétration est forcément un acte de domination masculine. Et puis, n’est-ce pas incroyablement sexiste de dire que la femme doit plus être protégée que l’homme ?

Certaines féministes ont donc décrété qu’il fallait à tout prix protéger les hardeuses (ou travailleuses du sexe), sans leur demander leur avis. Pourtant, pour un grand nombre de ces femmes, c’est bien leur choix de travailler dans ce milieu.

Cependant, il existe deux types de pornos selon moi, et le plus courant, c’est le porno mainstream. C’est celui que vous pouvez consulter gratuitement en streaming sur internet : Youporn, Jacquie et Michel, etc. Les films sont tournés dans des conditions plus que discutables (pas de préservatif, pas de prise en compte de la douleur …). Même si Jacquie et Michel se veut « amateur », le schéma est souvent le même :

  • Fellation / pénétration vaginale / anale / faciale
  • Grosso modo : plaisir masculin / plaisir masculin et si féminin c’est bonus / plaisir masculin et si féminin c’est bonus / plaisir masculin.

 

Ca fait beaucoup de plaisir masculin. De plus, les pénétrations vaginales et anales ne sont pas forcément respectueuses des femmes, au contraire (douleurs et tutti quanti). Il y a aussi beaucoup de problèmes raciaux au sein du porno mainstream : une blanche qui se fait défoncer par un black, ça fait + de vues que l’inverse. Et puis les ados qui se font dépuceler, les gang-bangs … La domination masculine est omniprésente au sein de ce type de porno : et c’est avec ça que les ados apprennent à faire l’amour. Et c’est de cette façon là que les filles apprennent aussi à le subir, inévitablement.

Il existe, fort heureusement, un autre type de porno, le porno « féministe ». Plutôt tourné par des femmes et dans des conditions beaucoup plus favorables. Avec des personnes de tous les genres, de toutes les ethnies et majeures. Malheureusement, comme tout lorsqu’il y a de l’éthique : ça se paye. Ce type de porno n’est pas disponible gratuitement, il est donc beaucoup moins visible.

 

Le sexisme nait-il dans le porno ?

 

J’ai mis du temps à comprendre ce qui me dérangeait autant dans le porno mainstream : c’est que c’est la source de beaucoup de problèmes sexistes selon moi. Le sexe, même si c’est bien souvent un sujet tabou, est au centre de toutes les attentions. L’objectivation de la femme nait-elle donc dans le porno ? Je crois que oui, même si c’est certainement un peu plus complexe que ça, dans tous les cas, elle l’entretient fortement. Et ça entretient aussi fatalement la culture du viol et les violences faites aux femmes. Dans la série « Hot Girls Wanted » dispo sur Netflix, un acteur porno explique que ce qu’il joue dans ses films, il ne le reproduira jamais en vrai lorsqu’il fait réellement l’amour. Le problème, c’est que ça, les consommateurs ne le savent pas forcément. Voir une fille avoir mal lorsqu’on la pénètre, c’est normal, mieux, c’est excitant. Alors que ça ne devrait pas ! Ca met la pression sur les deux sexes : tant masculins que féminins. Parce que je parle des femmes depuis tout à l’heure, mais l’homme a lui aussi son quota niveau pression ! Il doit toujours être très performant : en avoir une grosse, bander dur, ne pas éjaculer trop vite et être dominant … D’ailleurs, un des acteurs raconte dans la série documentaire qu’il a failli mourir à cause du viagra qu’il était obligé de prendre pour être au top, il n’y a rien de sexy et de naturel dans tout ça. On nous apprend qu’il n’existe qu’une seule façon de faire l’amour et que le sexe ne se résume qu’à la pénétration vaginale, que le sexe se termine toujours lorsque l’homme a éjaculé, que la femme n’a pas forcément un orgasme à chaque rapport et que c’est tout à fait normal …

Bref, on n’est pas loin de la « pensée unique » en termes de sexe. Et cette pensée unique, c’est bel et bien la domination masculine.

Comment voulez-vous que le reste suive si au plus profond de notre intimité, on nous apprend que la femme est soumise à l’homme ?

 

Le féminisme pro-sexe et le porno féministe

 

Fort heureusement, il existe, comme je vous le disais plus haut, du porno éthique, qui prône des valeurs un peu plus joyeuses pour les femmes. Parce que jusqu’à preuve du contraire, un rapport ça se fait à deux (ou à plus, ça c’est vous qui voyez !), et c’est quand même la moindre des choses que les deux partenaires ressentent du plaisir. Il n’y a aucune raison valable que l’un des deux ressente de la douleur (à moins que cela soit son souhait, mais c’est encore autre chose).

Si tout ça existe, c’est grâce à des femmes fabuleuses, des féministes pro-sexe, qui prônent une libération sexuelle de la femme et de l’homme et qui nous réapprennent à faire l’amour … Mais aussi et avant tout à connaître notre corps ! Parce que nous sommes trop nombreux.ses à ne pas savoir à quoi ressemble exactement notre organe génital, à ne pas savoir ce qu’est réellement le clitoris, à encore croire qu’il existe un clivage orgasme vaginal / orgasme clitoridien et que ce dernier est nul comparé au 1er, et surtout qu’on a forcément mal la 1ère fois.

Alors renseignez-vous, apprenez, diffusez ce savoir autour de vous ! J’ai trop entendu mes amies me raconter leurs coups d’un soir foireux avec des mecs. Mais je ne les blâme pas, j’ai l’impression que personne ne sait vraiment ce qu’il fait en matière de sexe, surtout quand on est ado, parce que personne n’a jamais réellement appris autre chose que le schéma classique qui n’est pas si foufou et surtout, qui est affreusement sexiste. C’est au fil des années qu’on apprend, parce qu’on apprend toujours de ses erreurs, mais on pourrait éviter de passer par cette case là quand on est jeune. Et ça éviterait bien des frustrations.

Et même lorsqu’on pense tout connaître, on peut toujours apprendre ! Alors commencez par lire Porno Manifesto : c’est décomplexant et libérateur ! On y découvre de nombreux noms comme ceux d’Erika Lust (à qui j’ai envoyé une demande d’interview, croisez les doigts fort avec moi pour qu’on puisse la lire bientôt !) et Annie Sprinkle, qui produisent des films et des documentaires sur l’apprentissage du sexe.

Au final, mon avis n’a pas changé sur le porno mainstream, je le trouve toujours aussi écoeurant. Mais j’espère sincèrement que le porno féministe saura se faire une place dans ce milieu pour bousculer les codes et respecter un peu plus les acteurs ainsi que les consommateurs.

 

Selon moi, il est temps que le porno féministe prenne de l’ampleur pour mettre à mal le schéma patriarcal, parce que je suis convaincue que c’est là qu’il prend racine.

Que pensez-vous de cette réflexion sur le monde du porno et son rapport étroit avec le sexisme ambiant ?

 

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24 Comments
  • frederci Rideau

    5 janvier 2018 at 19 h 58 min Répondre

    « La pénétration est forcément un acte de domination masculine…» Décidémment, ayant regardé un peu l’évolution de ton blog, après notre dernière algarade (pas franchement orientée « influenceuse non intéressée »), je crois que même pour les femmes, tu viens de franchir un cap. Te souhaite le meilleur dans ta vie végane et dans une sexualité assumée (des godes végétaux, sans cruauté animale, prochain post ?). Le porno éthique ? Ridicule…
    Le vomi n’est pas fatalement là où on le dit. Je cherche tous les boutons pour ne plus t’entendre (merci de couper tout lien news ou autre), et si cela sert le sexisme matriarcal, je signe.

    • Gala

      5 janvier 2018 at 22 h 12 min Répondre

      Que répondre ? Arrête de me lire, ce n’est pas le 1er commentaire de ce genre que tu me laisses et je te trouves de + en + virulente. Tu n’es pas d’accord avec ce que je dis ? Personne ne te force à me lire alors arrête de te faire du mal. Tu as le droit d’être en désaccord, mais arrête de me juger stp. Et désabonne toi, coupe le lien, pas de soucis ! Au plaisir.

  • AccroVegane

    5 janvier 2018 at 21 h 35 min Répondre

    J’avoue que quand je viens lire un article sur le féminisme je suis toujours ultra réticente car je m’attends à être critique sur tout mais quand j’ai vu que c’était Ovidie dont je veux absolument me procurer les ouvrages et ta réflexion je me suis détendue (3615 ma vie :p)

    C’est vrai qu’on plaint toujours les femmes et jamais les hommes alors que je pense qu’être acteur porno c’est pas aussi facile que ça quand tu dois avoir des érections avec caméra, des éjaculations parfois pas humaine. On sousestime aussi beaucoup le choix des femmes de le devenir et quand elles font autre chose, elles restent des actrices (je pense toujours à Clara Morgane).

    Je me rends compte aussi à travers ton article à quel point on a du chemin à faire quand je vois le terme de porno féministe quand en vérité c’est juste du vrai sexe, du sexe divers, des pratiques safes, du consentement … Et pourtant ce serait une importante première étape de « s’éduquer » avec des vidéos certes avec des gens rémunérés etc mais qui permettent de se rendre compte de la diversité de la sexualité.

    Voilà donc je mets ce livre dans ma wishlist grâce à toi et plein de bonnes choses pour cette année 😀

  • Gaga

    5 janvier 2018 at 21 h 59 min Répondre

    Hello!
    Je trouve ça sympa de lire un article de ce genre, on n’en voit jamais !
    Néanmoins je ne suis pas « féministe », je n’ai rien contre ce mouvement (au contraire en tant que femme, je ne peux pas critiquer) mais je ne comprends pas l’emploi qui se fait à tout va du terme « féministe » (notamment toute sorte de magasins qui proposent à la vente des t-shirt « feminist », mais bon ça c’est un autre sujet !), en particulier dans ton article.
    Je suis une très petite consommatrice de porno, et je préfère effectivement le porno soft, où l’on trouve respect des deux personnes. Effectivement ces pornos, on ne les trouve pas gratuitement, et je serais beaucoup plus consommatrice si c’était le cas. On parle souvent de « porno féminin », ce que je ne comprends pas, je trouve déjà cela dégradant (pourquoi le porno plus brutal serait fait pour les hommes et le soft pour les femmes ?). Par conséquent, je ne comprends encore moins pourquoi appeler cela « porno féministe »? Je trouve ça pire que « porno féminin »!
    Pour moi ça n’insite pas au partage, un tel nom n’incitera pas les hommes à regarder ce type de porno, ce qui est encore plus dommage du coup, car oui, je trouverai cela bien que les hommes se mettent à ce type de porno, mais pas sous le nom de « porno féministe »!
    Enfin voilà, je souhaitais aussi donner mon avis 🙂
    Au plaisir de lire de nouveaux articles sur le sujet !

    • Gala

      5 janvier 2018 at 22 h 10 min Répondre

      Complètement d’accord ! Merci pour ton analyse, j’étais tellement dedans que je n’y ai pas songé, c’est tout à fait vrai, ça devrait être du porno « normal » !

    • Melodie

      5 janvier 2018 at 23 h 34 min Répondre

      Je n’aurais pas dit mieux!! Vive le porno normal, espérons qu’il se démocratisera très vite (notamment grâce à des articles comme celui-ci Gala, merci! 😉 ) et que le porno deviendra enfin l’affaire de tous et pas seulement des hommes qui ne connaissent pas grand chose au corps et au plaisir des femmes! 😉

  • MegLaToile

    6 janvier 2018 at 10 h 37 min Répondre

    Je laisse rarement des commentaires sur ton blog mais je te suis de très près depuis quelques années. Je trouve ça super intéressant comme article, je m’intéresse moi-même pas mal à ce genre de sujet car on pointe toujours du doigt le porno, la prostitution, etc. mais je pense que le seul moyen de pouvoir en parler correctement, c’est avant tout en rencontrant ces femmes et ces hommes qui travaillent dans ces milieux, après tout c’est injuste de se permettre de juger quand au final on regarde ça de loin et qu’on ne sait pas de quoi on parle réellement. Bref, tout ça pour dire que c’est un article surprenant si je puis dire, je ne m’attendais vraiment pas à lire ça sur ton blog un jour, donc belle surprise 🙂 d’ailleurs grâce à toi j’ai découvert cet ouvrage que je vais m’empresser de lire. Par contre j’ai pas bien saisie ce terme de « porno éthique » « porno féministe », je trouve que c’est pas assez approfondie dans ton article, mais peut-être attends-tu l’interview pour pouvoir développer.
    En tout cas bonne continuation.

  • Anne

    6 janvier 2018 at 10 h 48 min Répondre

    Très intéressant, merci 🙂

  • Cat

    6 janvier 2018 at 11 h 08 min Répondre

    Merci pour ce partage, ça fait réfléchir ! Quand je mate du porno c’est toujours des vidéos de lesbiennes, à deux ou à plusieurs … pourtant dans la vie réelle mon vrai plaisir je le prend avec un homme ! Le porno lesbien a quelque chose de très doux et sensuel qui m excite bien + que de regarder des femmes se faire defoncer par tous les trous. Je ne connaissais pas le livre d’ovidie, tu m as donné envie de me le procurer !

  • Moi

    6 janvier 2018 at 12 h 13 min Répondre

    J’aurais pu m’en passer du détail sur les gorges profondes…. Est-ce que tu comptes faire d’autres articles avec du contenu choquant ? Parce-que moi, je n’aime pas du tout ce genre de détail. J’aimerais savoir si je dois me désabonner car je suis hyper sensible et j’essaye d’éviter la violence même écrite.
    Cordialement.

    • Gala

      6 janvier 2018 at 12 h 21 min Répondre

      Moi aussi je m’en serais bien passé mais le fait est que ça existe et qu’il faut le dénoncer. Je ne peux pas te dire ce que je vais rédiger par la suite, car je n’en ai pas la moindre idée, mes articles ne sont pas calculés, ils vont et viennent au gré de mes découvertes. Mais je ne me censurerai pas. Désolée de t’avoir choquée, ce n’était pas mon intention.

  • Lou

    6 janvier 2018 at 13 h 00 min Répondre

    Bonjour Gala,
    Je trouve ton article intéressant, et c’est bien qu’il existe. Il y a peu de commentaires, dont 2 négatifs et je comprends que tu sois ébranlée, mais tu as eu raison de l’écrire tout de même, selon moi. Je vais m’intéresser au livre que tu conseilles. Par contre, il y a quelques détails avec lesquels je ne suis pas tout à fait d’accord…
    D’abord, je suis complètement le commentaire de « Gaga » plus haut : pourquoi porno « féministe » ? Alors que tu dis justement qu’il ne s’agit pas de protéger seulement les femmes, mais bien de prendre en compte le plaisir, et d’éviter la douleur, de tous. Donc « porno normal » ça sonne un peu bizarre, mais pourquoi pas 😉
    Ensuite, tu dis que les hommes sont demandeurs de porno hard, et les femmes non. C’est un peu réducteur et clivant, non ? Et surtout, c’est faux… Je ne retrouve malheureusement pas la source, mais j’ai appris que justement, les vidéos les plus hards sont regardées en majorité par des femmes. Honnêtement, ça m’étonne aussi, ça me paraît fou, mais toujours est-il que, selon l’étude que j’avais lue, le porno est devenu plus hard quand les femmes y ont eu accès, parce qu’elle en sont les consommatrices principales. Peut-être cette étude exagérait-elle, je ne sais pas, mais je pense qu’il faut aussi prendre cette possibilité en compte.
    Enfin, une dernière petite chose qui me titille : tu dis que les consommateurs ne savent pas forcément que les acteurs ne feraient pas ça dans la vraie vie. Je trouve qu’il faut nuancer : le problème, ce sont les ados qui voient ça, et qui effectivement peuvent en venir à construire leur sexualité sur des images dégradantes pour tout le monde. En effet, la facilité avec laquelle on peut se procurer un porno mainstream fait que beaucoup trop d’ado découvrent le sexe par ce biais, et c’est une éducation sexuelle très orientée. (Comme tu le dis plus loin, ce serait mieux que les ados n’aient pas à passer par cette case, car c’est un long chemin pour se détacher de ces clichés.) Par contre, je pense que la plupart des autres consommateurs de porno, même hard, savent faire la différence entre les images qui les excitent et leur sexualité réelle. Le porno est justement là pour assouvir des fantasmes qu’on ne va pas concrétiser, et aimer des images de domination dans un sens ou dans l’autre ne signifie pas forcément qu’on va maltraiter sa compagne ou son compagnon au lit…
    Après, il n’empêche que les conditions dans lesquelles les films sont tournés devraient être améliorées, et je suis tout à fait d’accord pour un porno « éthique », en en gardant pour tous les goûts… Et c’est bien dommage que ce ne soit pas le plus facile d’accès !
    Je te remercie pour cet article qui a au moins le mérite de pousser à la réflexion !
    Lou

    • Gala

      6 janvier 2018 at 13 h 12 min Répondre

      Entièrement d’accord avec tes analyses, mon article ne va pas assez loin sur plusieurs points. Je n’ai pas voulu dire que les hommes sont demandeurs de hard alors que les femmes ne le sont pas, j’ai du mal m’exprimer. En ce qui concerne le fait de faire la différence, je pense effectivement que c’est le cas pour le porno hard, comme ce que je disais avec les films d’horreur. Ce qui me gêne c’est le porno mainstream qui nous vend comme normales, des pratiques qui ne devraient pas l’être et qui sont très ambigües : de nombreux mecs les pratiquent dans la vraie vie. Pour le « porno féministe », en fait le terme de féministe me dérange en règle générale, ça met dans une case et ça n’inclut pas les hommes, malheureusement on en a besoin pour « définir » ce que c’est, à mon grand regret ! Merci en tous cas ❤️

      • Lou

        6 janvier 2018 at 13 h 41 min Répondre

        D’acc, je comprends mieux. Je suis comme toi sur le terme « féministe », il m’embête un peu ! Mais tu as raison.
        Conclusion de tout ça, on a besoin de ce genre d’articles, et même d’aller encore un peu plus loin dans la réflexion !
        Bonne journée 🙂

  • Lili

    6 janvier 2018 at 13 h 30 min Répondre

    Coucou Gala,

    Ton article est courageux !! Et très intéressant. Effectivement, on ne lit que rarement des choses sur ce sujet, alors ton analyse est bienvenue.

    Je suis extrêmement pudique aussi, je ne dirais rien de plus, si ce n’est que s’il y a une évolution qui se fait en matière de films porno, en faveur des femmes et de l’image d’un couple, alors c’est vraiment chouette. Parce que justement, certains découvrent le sexe à travers ces films mainstream et ça ne bénéficie à personne…

    J’ai juste envie d’ajouter une note sur le porno lesbien, qui lui aussi peut être dégradant alors qu’il n’y a pourtant aucune intervention masculine. Les femmes se mettent alors en avant de manière pas très valorisante, pour quoi, pour qui, je ne sais pas. Mais c’est bien dommage. En fait, c’est un peu comme dans la vie de tous les jours : on peut penser, en tant que femme, parce qu’on a vu ou entendu des choses, qu’on doit agir et penser d’une certaine manière : être grande, mince et sexy, faire la moue, se maquiller, aimer le shopping… On se critique entre nous alors qu’au fond, on souffre de cette apparence parfaite trop lourde à entretenir. Ce que j’essaye de dire en fait ici, c’est qu’en tant que femmes, on ferait mieux de se soutenir que de se dévaloriser entre nous, d’entrer dans des sortes de jeux et de rôles trop lourds à porter.

    Je t’embrasse,

    Lili

    Merci pour ce partage !

  • marionlookingforhappiness

    6 janvier 2018 at 16 h 21 min Répondre

    Les femmes regardent tout autant de porno que les hommes et c’est tant mieux ! Après ce n’est probablement pas le même porno. Des réalisatrices comme Lucie Blush ou Erika Lust mettent en avant des couples complices qui s’amusent et pas des corps stéréotypés qui reproduisent des fantasmes masculins.
    Pour ce qui est du docu « hot girls wanted », je l’ai vu également. Je pense que cette exploitation est liée au porno gratuit. Qui dit gratuité dit obligation de cumuler les tournages pour avoir un peu d’argent et donc pas forcément un bon traitement des acteurs/actrices. Après, il ne faut pas oublier que même si nous, nous ne ferions pas ça, ces filles choisissent ce qu’elles font. Et être féministe pro-choix, c’est accepter que certaines fassent des choix qui nous semblent aberrants.

  • Laura

    6 janvier 2018 at 17 h 37 min Répondre

    Félicitations pour ton article !!!
    En effet il y a à boire et à manger dans le monde du porno.. Ou beaucoup essaie de repousser les limites toujours plus loin (tjs plus trash tjs plus degueu lol enfin chacun ses fantasmes bizarres hein) mais comme tu dis, et heureusement il y a beaucoup d’autres courants !!! Dont par exemple des couples pro qui lancent leurs propres film ensemble, ce qui donne un rendu beaucoup plus proche de la réalité et plus exotique finalement..
    L’aspect qui perso me dérangera toujours c’est qu’effectivement le porno sert aujourd’hui de première référence aux jeunes (mais déjà notre génération je pense, sauf que c’est arrivé p-e plus tard) ou ça peut générer des commentaires du genre « oui mais dans les films elles aiment ça » heuuu oui peut-être que celle là ne sent plus rien mais ce n’est pas le cas de tt le monde.. ^^ ça donne une image biaisée de ce qu’est le plaisir de la femme finalement (et sa sensibilité physique !!?)!
    Et en effet ça place notre plaisir bien loin derrière celui de l’homme !
    Je suis tombée sur la perle rare (mon amoureux) mais avant lui très rares sont les partenaires qui se sont souciés de ‘bien faire’. Et je trouve que est la le réel problème sociétal ou certaines femmes (mal initiées) ne tombent que sur ce genre de partenaires et finissent par ne pas voir l’intérêt des rapports dans leurs relations à long termes, n’éprouvant jamais de vrai plaisir… Bref p-e que ce ‘nouveau style’ de films plus réalistes redonneront une meilleure perspective à la sexualité féminine pour les futures generations ?! 😉
    (Je vais p-e un peu loin mais ce n’est bien sûr que mon avis et ça n’engage que moi ^^)

  • Laura

    6 janvier 2018 at 17 h 43 min Répondre

    Oups j oubliais, par contre le fait qu’il y ai plus de films orienté homme vient p-e simplement du fait qu’il sont plus demandeurs que les femmes (statistiquement parlant) même si de plus en plus de femmes en regardent je pense qu’on atteindra jamais leur consommation 😜 (ce n’est pas une critique envers juste une observation ^^)

  • sartanel

    6 janvier 2018 at 20 h 24 min Répondre

    sarta
    bonjour Gala
    Si tu veux avoir un témoignage de l’intérieur du X tu devrais interviewer celui qui s’est déjà exprimé à l’ONU sur ce sujet et sur l’éducation sexuelle inexistante en France. Il s’agît de Pierre Woodman.
    Une dizaine de vidéos interviews existent mais rein n’est mieux que le live.
    Tu en apprendras beaucoup plus sur ce monde « dit bizarre » qui est plus sain et moins risqué que celui de la mode (qui est moins critiqué).
    Bonne chance pour ton blog
    Merci

  • Géraldine

    6 janvier 2018 at 22 h 24 min Répondre

    Bonjour Gala,

    Il me semblait que le porno « érotique » ou « soft » définissait ce que tu appelles le porno « éthique »; est-ce que ce n’est pas la même chose?
    En tout cas, je trouve qu’ il s’agit d’un bon article, car en effet je crois que si le porno et la prostitution existent, c’est en effet parce qu’il y a de la demande mais si les jeunes vont immanquablement faire une partie de leur éducation sexuelle par ce biais, autant profiter de ce « média » pour le faire correctement.
    Ne te censures pas et bravo!

  • Cremdemarrons

    9 janvier 2018 at 13 h 00 min Répondre

    Coucou Gala, merci pour ce post sur un sujet qui m’intéresse depuis longtemps. Depuis Porno Manifesto Ovidie a un peu avancé sur le sujet. Notamment tu voudras peut-être lire en complément ces deux articles qu’elle a écrit :
    http://www.brain-magazine.fr/article/page-q/35922-Le-POV-d-Ovidie-le-feminisme-pro-sexe-est-il-mort
    et
    http://www.brain-magazine.fr/article/page-q/36629-Le-POV-d-Ovidie-Le-feminisme-pro-sexe-est-il-mort-Episode-2-La-pute-heureuse
    A bientôt

  • Lou

    20 janvier 2018 at 16 h 14 min Répondre

    Merci pour cet article intéressant et il faut bien le dire, courageux.
    Le sexe reste un grand tabou dans notre société actuelle et même via la communauté de « blogueur(ses) ».

    Le terme « féminisme » est un peu galvaudée et qu’on soit d’accord ou non avec les idées que tu énonces, ton article a le mérite de lancer le débat et ça, c’est déjà fantastique.

    Bonne continuation à toi,

    Lou.

  • Lolli

    21 janvier 2018 at 18 h 20 min Répondre

    Ton article est très intéressant, c’est génial de lire une réflexion ouverte et intelligente sur le porno ! Merci de dénoncer ce porno réducteur et de dire que le porno, ce n’est pas que ça. 🙂

  • Audrey

    5 février 2018 at 13 h 39 min Répondre

    Juste merci de dénoncer cette réalité! Il en faut des courageuses comme toi!

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