Gala's blog | Sexe et consentement
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Sexe et consentement

Depuis que je m’intéresse au sexisme et au féminisme, la notion de consentement revient très souvent sur le tapis. J’ai été choquée lorsque j’ai réalisé ne m’être jamais posé la question plus tôt. Les notions de « céder », de pouvoir dire oui et ensuite non … C’est quelque chose qui m’était totalement inconnu. Je n’avais aucune idée de ce qu’était réellement le consentement. Et je réalise aujourd’hui à quel point c’est important.

 

La piqûre de rappel qui fait mal : les chiffres sur le viol

 

Ces chiffres ont largement été diffusés ces dernières années mais je tiens quand même à les remettre ici pour rappel. C’est une piqûre qui me fait mal à chaque fois … J’oublie toujours à quel point ces chiffres sont élevés.

206 viols par jours ont lieu en France, soit 9 viols par heure.

  • 96% des agresseurs sont des hommes
  • 91% des victimes sont des femmes
  • 1 femme sur 10 a été violée ou le sera au cours de sa vie
  • 74 % des viols sont commis par une personne connue de la victime 
  • 45 % des viols sont commis la journée et non la nuit

Sources : CFCV, INSEE

 

Le consentement, c’est quoi ?

 

Il parait que le consentement, c’est aussi simple qu’une tasse de thé. Seulement si je suis d’accord avec cette vidéo, j’ai pu me rendre compte que dans les faits, c’était bien plus compliqué. Il y a la théorie et la pratique. Il y a quelques temps, j’ai regardé le reportage Infrarouge sur le consentement sorti en mars 2018. La journaliste pose des questions sur le consentement à plusieurs hommes. Le moins que l’on puisse dire, c’est que leurs réponses sont horrifiantes : « quand une femme dit non, ça m’excite, ça me motive encore plus à la faire céder ». En gros, personne ne sait ce qu’est réellement le consentement, on obtient des réponses balbutiantes du type « c’est quand les deux personnes sont d’accord ». OK, mais comment on sait que les deux personnes sont d’accord ? Dans les témoignages de jeunes femmes violées ou agressées sexuellement, on se rend compte que 2 des agresseurs n’ont même pas réalisé ce qu’ils ont fait alors que les filles avaient clairement dit non.

Alors le consentement, qu’est-ce que c’est ?

Le consentement, ce n’est pas « non c’est oui ».

Le consentement, ce n’est pas un silence.

Le consentement, ce n’est pas sous-entendu.

Le consentement, ce n’est pas céder.

Le consentement, ce n’est pas un dû.

Le consentement, ce n’est pas « ok pour un dernier verre chez toi ».

Le consentement, ce n’est pas l’alcool qui le donne.

Le consentement, ce n’est pas une jupe qui l’implique.

Le consentement, c’est poser des questions.

Le consentement, c’est demander à son partenaire si c’est ok d’aller plus loin.

Le consentement, c’est se soucier pendant l’acte des besoins et des envies de son partenaire.

Le consentement, ça peut être oui et puis finalement non.

Le consentement, c’est concret.

Parce que le consentement, ce n’est pas juste une question d’être sexy. C’est de savoir si on va briser une vie ou pas. Alors oui, une petite question, toute simple, peut éviter la catastrophe. Cela vaut autant pour les garçons que pour les filles d’ailleurs. Même si dans la majorité des viols, les femmes sont les victimes, les hommes ont aussi leur mot à dire. Dans une société où il faut absolument collectionner les partenaires et avoir un tableau de chasse digne de ce nom, il peut arriver que des hommes couchent avec des filles sans même se demander s’ils en ont réellement envie ou pas. On leur a simplement inculqué qu’il fallait le faire alors ils le font. Je ne suis pas là pour victimiser qui que ce soit mais j’ai plutôt envie de soulever un problème qui me semble central. En effet, comment appliquer la notion de consentement à l’autre lorsqu’elle n’est déjà pas appliquée à soi-même ? L’éducation au consentement est inexistante de notre société. Moi qui pensais savoir, m’être tenue « au courant », je réalise à 28 ans que j’étais dans l’ignorance totale. Je réalise que les hommes et les femmes le sont autant que moi et autant l’un que l’autre. Malheureusement, les femmes le subissent bien plus que les hommes, la faute à la domination masculine.

 

La zone grise

 

Actuellement, sur la notion de consentement, on ne responsabilise personne et on a tendance à beaucoup trop culpabiliser les femmes : tu aurais du dire non, tu n’aurais pas du boire, tu aurais du t’habiller moins court, tu n’aurais pas du accepter d’aller chez lui, tu aurais du être plus claire … Et si on demandait plutôt aux hommes / aux couples de poser / se poser les bonnes questions ? En vrac, en voici quelques unes : 

  • Est-ce que ça te convient qu’on couche ensemble ?
  • Est-ce que t’es ok pour que je te touche ?
  • Est-ce que ça te plait comme ça ?
  • Est-ce que tout va bien ?

 

Ca me semble être du bon sens mais j’entends souvent dire que « si on se pose ce genre de questions, après on n’ose plus rien faire … ». Ce qui me dérange avec cette réflexion, c’est que du coup, ça justifie le viol. Puisque si on demande, on prend le risque que la personne nous dise non, on va plutôt rester dans la zone grise, quitte à ce que la personne en face ne soit pas ok. Et c’est un gros problème.

Dans le même ordre d’idée, estimer que demander à son partenaire s’il est d’accord pour avoir un rapport sexuel n’est pas sexy et que ça plombe le moment, c’est stupide. C’est incroyablement égoïste, c’est ne penser qu’à soi, à son moment et ça revient juste à ne pas prendre en compte la volonté de l’autre, ni plus ni moins. Sauf que la volonté, c’est primordial puisque c’est justement ça qui qualifie le consentement. Sans consentement, il y a viol, il y a abus, il y a violence, il y a agression sexuelle. Et c’est très grave.

 

Le sexe et l’alcool

J’ai longtemps eu du mal à répondre à cette question du sexe sous alcool. Est-ce que l’on donne réellement son consentement quand on a bu ? Au regard de la loi, non. Mais la zone grise est toujours là … Et c’est dans une petite vidéo de 5 minutes de la chaîne Corde Sensible que j’ai trouvé ma réponse, grâce à une comparaison avec la voiture. A un certain degré d’alcool, on ne peut plus savoir ce que l’on veut réellement comme on ne pourrait pas conduire une voiture alors que l’on s’en croit capable. Le fait que certains attendent qu’une fille soit bourrée pour aller la draguer est d’ailleurs assez parlant (ça vaudrait aussi inversement si la plupart des viols n’étaient pas commis sur des femmes) …

 

Le sexe n’est pas un dû

Ce n’est pas parce qu’on porte des jupes, des shorts trop courts, des décolletés plongeants, parce qu’on a un regard un peu chaud (wtf ?), parce qu’on a accepté de boire un verre ou d’aller danser qu’on est OK pour que ça aille plus loin. Et ce n’est pas parce qu’on accepte de se faire toucher ou de toucher qu’on est OK pour coucher. Et ce n’est pas parce qu’on est OK pour coucher qu’on doit tout accepter. Et ce n’est pas parce qu’on est en couple qu’on doit se forcer pour faire plaisir à l’autre.

Le sexe n’est pas un dû, c’est un acte de partage.

 

La banalisation du viol

Quand j’ai lu, regardé et écouté de nombreux témoignages sur le consentement, tout ce qui se disait me semblait évident. Et puis j’ai pris du recul par rapport à tout ça et j’ai réalisé que ça ne s’appliquait pas aussi facilement que ça en avait l’air dans la vraie vie. On évolue dans une société où toutes ces notions sont très floues et où on franchit la ligne beaucoup plus souvent qu’on ne le croit. On fantasme le viol, qui n’arriverait que dans une ruelle sombre avec un inconnu, alors que dans 74% des cas, la victime connait son agresseur. Le viol est donc banalisé parce qu’on ne le reconnait que très peu. J’imagine que c’est la faute à une éducation sexuelle inexistante, à une culpabilisation perpétuelle des victimes et à une domination masculine beaucoup trop présente …

 

Et pour vous, c’est quoi le consentement ?

Comment le gérez-vous au quotidien ?

 

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13 Comments
  • Laurie

    30 juillet 2018 at 20 h 42 min Répondre

    Merci pour cet article !

  • Pauline

    31 juillet 2018 at 14 h 04 min Répondre

    Merci de soulever des questions très importantes !

  • Samantha

    31 juillet 2018 at 15 h 32 min Répondre

    Dommage que je n’ai pas vu ce genre de reportage et lu ce genre d’article quand j’étais plus jeune, on devrait vraiment inculquer aux jeunes filles leur droit à ne pas vouloir, a dire non sans avoir honte, ne pas accepter la violence physique ou psychologique car l’autre nous a fait penser qu’on était rien sans lui (ou elle).. et aussi apprendre à reconnaître les pervers manipulateur !
    Bref être forcée à avoir des relations sexuelles c’est pas uniquement le viol par un inconnu comme on peut le penser quand on est encore jeune et naïve ça se passe aussi dans le cadre d’une relation de couple.. et pour se reconstruire ensuite c’est long, et même quand on se dit qu’on en a guérit y a des moments où ça resurgit dans notre esprit..

    Merci pour cet article !

    • Gala

      1 août 2018 at 11 h 29 min Répondre

      Oh oui, on n’en parle vraiment pas assez et on n’est absolument pas armé(e)s contre ça … C’est bien triste parce que ce n’est pas si compliqué que ça et ça éviterait de briser des vies … Tout mon courage ❤️

  • Cléa

    1 août 2018 at 0 h 22 min Répondre

    Oh ! Je suis tellement contente que tu abordes le sujet dans un de tes articles !
    C’est en Australie que je me suis vraiment beaucoup penchée à la culture du consentement. On avait un module attitré dessus en cours pour les étudiants volontaires. Et toutes les points que tu abordes sont vraiment encore en cours de « recherche-de-solutions » dans ce coin du globe. Surtout la fameuse zone grise qui est beaucoup moins évidente à déceler et aborder sur le papier que dans la vraie vie.

    Un excellent ouvrage que j’avais trouvé, c’était le livre de Cindy Crab, Learning Good Consent On Healthy Relationships And Survivor Support. Qui est très, très, très complet sur le sujet et que je pense que tout le monde devrait lire. Des extraits de traductions sont disponibles sur Info Kiosques : https://infokiosques.net/spip.php?article1121

    Et le collectif de théâtre les Culottées du Bocal font une magnifique pièce itinérante sur le sujet. Elle est à voir et touchera mêmes les copains qui disent que « le-consentement-c’est-un-truc-de-féministes »

    Moult, moult love <3

    • Gala

      1 août 2018 at 11 h 27 min Répondre

      C’est chouette qu’on en parle là bas, c’est tjs mieux qu’ici … Merci beaucoup pour les références, j’ai hâte de découvrir ça 🙂 ! Des bisous ❤️❤️❤️

  • No

    1 août 2018 at 16 h 42 min Répondre

    Bel article ! Pour celles que cela intéresserait, j’ai récemment lu un bouquin auquel je n’aurais pas cru m’intéresser car j’évite ce genre de sujet à lire : La culture du viol par Schiappa. Des chiffres, des histoires, des explications claires, comme ton article 🙂

  • Ayan

    3 août 2018 at 6 h 48 min Répondre

    J ai lu avec intérêt cet article très bien fait étant donné que j ai fait un mémoire sur le sujet l an dernier. Et la notion de consentement était bien présente.
    Connais tu l eratomanie ? Chez ces patients un seul sourire est une invitation à coucher avec.
    Dans mon métier on est en permanence dans cette notion et pourtant des fois on la bafoue 🙁 probablement parce que le consentement c est aussi arreter de croire que ce qui est normal pour nous est normal pour les autres

  • Irène

    6 août 2018 at 21 h 35 min Répondre

    Bravo à toi de continuer de parler de sujets aussi importants, c’est vraiment rare sur la blogosphère de voir des blogs qui conjuguent à la fois du lifestyle, des sujets légers, et de vrais articles engagés !

  • Ambre

    7 août 2018 at 11 h 15 min Répondre

    Article très bien rédigé et documenté !

  • Elodie

    17 août 2018 at 15 h 54 min Répondre

    Bonjour Gala, je trouve bien d’aborder des sujets aussi importants, bravo !
    Effectivement je te rejoins dans le sens où je pense qu’il y a trop de non-dits, et de choses imaginées à propos de ce sujet. Peut être qu’en en discutant plus (en arrêtant d’en faire un tabou) et en éduquant les jeunes filles comme les jeunes hommes, au moment où ils découvrent leur sexualité, la séduction, etc. permettrait de faire baisser ces chiffres ; que je trouve démentiels …

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